Doc Watson, aveugle depuis l’âge de un an, était devenu un très brillant guitariste, spécialiste du « fingerpicking », et jouait dans les rues et dans les cabarets de la Caroline du nord et du Tennessee, quand survint dans les années 60 la vague de la « folk revival ». Il sut profiter de cette vague, et bénéficier d’un auditoire très large, pour lequel il représentait (à juste titre !) l’authenticité d’une tradition jamais disparue de la musique populaire rurale. Mais pour ce faire, il abandonna la guitare électrique, considérée par les jeunes « folkeux » comme non « authentique » (malgré bien des titres de noblesse, que ce soit dans le blues ou dans la musique blanche), pour se consacrer aux instruments acoustiques (principalement la guitare, mais parfois le banjo ou la mandoline). Il chante avec une belle voix un peu voilée. Son répertoire va de la chanson traditionnelle au blues, et s’est un peu enrichi au contacts des musiciens urbains, à certaines compositions contemporaines.

Ici, il chante, en 1964, « Sitting On Top Of The World « , un blues irrégulier également enregistré, entre autres, par Brownie McGhee et Sonny Terry, dont c’était l’un des morceaux fétiches.