Alan Lomax est l’une des personnalités les plus importantes de l’histoire de la musique populaire. Celle des États-Unis, d’abord, mais aussi celle des Caraïbes, et celles d’Europe – en particulier des îles britanniques et de l’Italie. Il avait à peine 18 ans quand il a commencé, avec son père, le musicologue John Lomax, à collecter, enregistrer, transcrire, publier, éditer les musiques du folklore étasunien. Et il a continué ce travail pendant plus de 50 ans. Dans les années 30, les Lomax parcouraient les USA pour le compte de la Bibliothèque du Congrès, visitant le moindre village, enregistrant la moindre musique. Leur « découverte » la plus célèbre est celle de Leadbelly, rencontré dans un pénitencier de Louisiane.

C’est lui qui, en 1939, a présenté Woody Guthrie à Pete Seeger. Ne serait-ce que cela en ferait un maillon indispensable du premier « folk revival » de ces années là. Ensemble, ils ont compilé un certain nombre de chansons à caractère politique ou social, ce qui a donné un livre dont l’histoire même est un roman, et qui n’a été publié que de nombreuses années plus tard, Hard Hitting-Songs For Hard Hit People, (chansons qui cognent pour ceux qui s’en prennent plein la gueule). Le plus souvent, c’est Lomax qui transcrivait le texte, Seeger qui transcrivait les musiques, et Guthrie qui leur écrivait à chacune une courte préface…

Un grand nombre des enregistrements qu’il a réalisés sont désormais disponibles en CD.

Progressiste, membre (ou, selon les sources, proche) du parti communiste américain, il a choisi à l’époque de la « chasse aux sorcières » de s’installer en Europe, où il a continué son inlassable travail d’ethnomusicologue. A bien des égards, il est par son travail théorique l’un des précurseurs des Cultural Studies.

Mais il est aussi arrivé à Alan Lomax de prendre sa guitare et de chanter, avec une préférence pour les chansons de cowboys. Ce répertoire constitue un corpus à part dans la musique folklorique américaine, un peu en marge de ce qui en constitue l’essentiel, dans le Sud et dans les Appalaches. Son père John Lomax avait publié un recueil de ces chansons. Il en est résulté de rares disques où on l’entend chanter lui-même. Le voici dans la ballade consacrée au bandit Sam Bass, un des premiers et des plus célèbres dévaliseurs de trains de l’Ouest.

(Le texte de la chanson ci-dessous est incomplet…)

SAM BASS

Sam Bass was born in Indiana,
It was his native home.
And at the age of seventeen
Young Sam began to roam.

Sam first came out to Texas
A cowboy for to be.
A kinder-hearted fellow
You’d seldom ever see.

Sam used to deal in race stock,
One called the Denton Mare.
He matched her at scrub races
And took her to the fair.

Sam used to coin the money
And spend it very free;
He always drank good whiskey,
Wherever he might be.

Sam left the Collins ranch
In the merry month of May
With a herd of Texas cattle
The Black Hills for to see.

Sold out in Custer City
And then got on a spree.
A harder set of cowboys
You’d seldom ever see.

On their way back to Texas
They robbed the N. P. train.
Then split up in couples
And started out again.

Joe Collings and his partner
Were overtaken soon;
With all their harden money boys
They had to meet their doom.