Tout ce qu’on sait d’elle est qu’elle s’appelait, ou se faisait appeler Dink. Le grand folkloriste John Lomax l’avait découverte en 1909, alors qu’elle était sur les bords de la rivière Brazos, quelque part au milieu de nulle part, au fin fond du Texas, en train de laver son linge. C’était une femme noire, d’âge indéterminé. Elle chantait cette chanson, que Lomax a enregistrée, puis publiée en 1934 dans le recueil American Ballads & Folksongs qu’il a édité avec son jeune fils Alan.

A la faveur de la Folk Revival des années 60, elle a été reprise par un certain nombre d’artistes, dont Pete Seeger, Jack Elliott, Bob Dylan, et Dave Van Ronk, dont voici la version. Fred Neil l’a enregistrée en 1966 sous le titre Faretheewell ; cette version se trouve sur ce site.

Van Ronk ne chante pas tous les couplets ; il en intervertit certains ; et il modifie légèrement le texte, entre autres pour le masculiniser. Le texte ci-dessous est celui de la version originale de cette chanson, définitivement entrée dans le patrimoine folklorique américain sous le nom de « Chanson de Dink », telle qu’elle a été transcrite par John Lomax – transcription qui adopte une orthographe qui se veut fidèle à la manière idiomatique dont s’exprimaient, au début du XXe siècle, les afro-américains du Sud, et qui a servi de base à toutes les interprétations, dont celle-ci.

DINK’S SONG

Ef I had wings like Noah’s dove,
I’d fly up the river to the man I love.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

Ise got a man, an’ he’s long and tall,
Moves his body like a cannonball.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

One o’ these days, an’ it won’t be long,
Call my name an’ I’ll be gone.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

‘Member one night, a-drizzlin’ rain,
Roun’ my heart I felt a pain.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

When I wo’ my ap’ons low,
Couldn’t keep you from my do’.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

Now I wears my ap’ons high,
Sca’cely ever see you passin’ by.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

Now my ap’ons up to my chin,
You pass my do’ an’ you won’ come in,
Fare thee well, O Honey, fare thee well.

Ef I had listened to whut my mama said,
I’d be at home in my mama’s bed.
Fare thee well, O Honey, fare thee well.