John Hammond Jr., né en 1942, était le fils de… John Hammond, le grand producteur de la CBS, qui avait entre autres apporté à l’écurie de sa maison des artistes aussi divers et importants que Count Basie, Benny Goodman, Charlie Christian, Billie Holliday, Bob Dylan, Pete Seeger, Leonard Cohen ou Bruce Springsteen Son propre père, et son propre grand-père, s’appelaient également John Hammond…

En 1938, ce progressiste, grand amateur de jazz et de blues, avait organisé le premier d’une série de concerts sur le thème « du Spiritual au Swing », auquel avait participé le gratin de la scène jazz et de la scène blues se son temps. Il voulait y faire participer l’immense Robert Johnson (que l’on trouve sur ce site avec son Sweet Home Chicago), mais l’avait cherché en vain, ou plutôt seulement pour apprendre sa mort prématurée l’année précédente, assassiné par un mari jaloux. Johnson avait été au pied levé remplacé pour la circonstance par Big Bill Broonzy.

John Hammond Jr. avait hérité de son père une véritable fascination, confinant au culte, pour Robert Johnson. Il connaissait toutes ses chansons, et imitait parfaitement son jeu de guitare. Mais sa modeste carrière de bluesman ne s’est pas limitée à ce répertoire, et il a revisité à sa façon tout le blues des années 30, en particulier celui du delta du Mississippi. Reconnu par ses pairs – bluesmen noirs et blancs – il n’a pour autant jamais connu de grands succès commerciaux.

Il interprète ici Drop Down Mama, une chanson jadis enregistrée par Tommy McClennan et par Sleepy John Estes, et souvent reprise par différents artistes. Il en donne une version particulièrement vigoureuse, en s’accompagnant d’une guitare métallique Dobro.