Il y avait Don’t You Leave Me Here parmi les blues que Jelly Roll Morton se rappelait de sa jeunesse, et qui avaient été enregistrés par Alan Lomax pour le compte la Bibliothèque du Congrès en 1939, avec entre autres Winin’ Boy et le Michigan Water Blues, que l’on trouve sur ce site. Elle a comme les autres été reprise par Hot Tuna.

Dave Van Ronk en donne ici une interprétation à sa façon, reprenant la prosodie de la version de Morton, avec la reprise en fin de couplet du premier vers, contrairement à Hot Tuna. En outre il insère un couplet d’une autre chanson, que Jelly Roll Morton avait associée à celle-ci dans ses récits, Alabama Bound. Ce couplet constitue par ailleurs le cœur d’une chanson éponyme de Leadbelly, qui plonge sans doute ses racines loin dans le folklore afro-américain. Le jeu de guitare adopté ici par Van Ronk s’ajuste au style de la version originale.

« Ne me laisse pas comme ça, et si tu dois vraiment partir, laisse-moi au moins une pièce pour une bière… »

DON’T YOU LEAVE ME HERE

Don’t you leave me here, don’t leave me here
If you just must go, sweet babe, leave a dime for beer
Don’t you leave me here

The rooster crowed, the hen ran around
If you want my precocy You’ve got to run me down
Don’t you leave me here

I never had one woman at a time
I’ve always had six seven eight or nine
Don’t you leave me here

I’m Alabama bound, Alabama bound
If the train don’t stop and turn around
I’m Alabama Bound… Alabama Bound

Don’t you leave me here, don’t leave me here
If you just must go, sweet babe, leave a dime for beer
Don’t you leave me here