The Streets Of Laredo, aussi connue sous le titre The Cowboy’s Lament est un peu le paradigme de la chanson de cowboy. La plus connue, la plus chantée, la plus folklorique à tous les égards. Comme beaucoup de ballades américaines, elle semble plus ou moins issue du tréfonds du folklore anglais. Mais tant dans sa mélodie que surtout dans ses paroles, elle a complètement revêtu le costume du Far-West, avec son grand chapeau et ses bottes, son cheval, ses revolvers et ses saloons.

L’intensité dramatique de la chanson est liée à sa scénographie. Le cowboy qui va mourir est un inconnu, mais il raconte son histoire au narrateur, croisé par hasard dans les rue de Laredo, une petite ville du Texas, parce qu’à sa mise, il l’identifie comme un cowboy. Lui-même est sorti du droit chemin, et pour le narrateur, c’est comme un avertissement de ce qui l’attend si, comme tant d’autres, il était tenté d’abandonner la piste du bétail pour le saloon et les tripots. L’homme se dresse devant lui, enveloppé dans un drap de lin blanc, froid comme l’argile où il retourne. Il a reçu une balle dans la poitrine, et va mourir. On n’en saura pas plus quant aux circonstances du drame. Les dernières volontés que l’inconnu mourant – un jeune homme – dicte à notre cowboy, concernent son enterrement. Que six fringants cowboys portent son cercueil, et si jeunes filles chantent une chanson. Que l’on batte lentement le tambour et que l’on joue doucement du fifre pour la marche funèbre. Et que l’on jette des brassées de roses sur son cercueil avant de refermer sa tombe.

Il en existe de nombreuses versions, avec parfois des nuances dans la mélodie et des variations dans le texte. Johnny Cash, Peter La Farge ou Joan Baez l’ont enregistrée. Elle est ici interprétée, très sobrement, par Burl Ives.


THE COWBOY’S LAMENT (THE STREETS OF LAREDO)

As I walked out in the streets of Laredo
As I walked out in Laredo one day
I spied a young cowboy all wrapped in white linen
Wrapped in white linen as cold as the clay

I see by your outfit that you are a cowboy
These words he did say as I boldly walked by
Come sit down beside me and hear my sad story
I’m shot in the breast and I know I must die

It was once in the saddle I used to go dashing
Once in the saddle I used to go gay
First down to Rosie’s and then to the card house
Got shot in the breast and I’m dying today

Get sixteen gamblers to handle my coffin
Get six jolly cowboys to sing me a song
Take me to the graveyard and lay the sod o’er me
For I’m a young cowboy and I know I’ve done wrong

Get six jolly cowboys to carry my coffin
Get six pretty maidens to sing me a song
Take me to the valley and lay the sod o’er me
For I’m a young cowboy, I know I’ve done wrong

Oh beat the drum slowly and play the fife lowly
Play the Dead March as they carry me along
Put bunches of roses all over my coffin
Put roses to deaden the clods as they fall

As I walked out in the streets of Laredo
As I walked out in Laredo one day
I spied a young cowboy all wrapped in white linen
Wrapped in white linen as cold as the clay