Ralph Chaplin était un militant syndicaliste révolutionnaire américain des IWW. Né en 1887, après avoir vécu quelque temps au Mexique, où il avait soutenu Emiliano Zapata, le voilà en 1912-1913 avec la célèbre Mother Jones dans le comité de grève des mineurs de Virginie Occidentale. Conformément à la tradition des wobblies, il écrit des chansons, sur des musiques traditionnelles, comme le faisait à la même époque Joe Hill. L’une de ces chansons va connaître une destinée hors du commun. C’est peut-être la plus connue des chansons syndicalistes, l’hymne syndical le plus chanté au monde : Solidarity Forever, écrite sur la musique de John Brown’s Body (dont Pete Seeger donne une version sur ce site), musique déjà reprise pour Battle Hymn Of The Republic (proposée sur ce site dans la version d’Odetta). Trois chansons progressistes sur la même mélodie ! Mais dans la chanson de Ralph Chaplin, on ne trouve plus aucune connotation religieuse, et le « Glory, Glory Halleluiah ! » de la chanson originaire est remplacé par le mot d’ordre « Solidarity Forever ! », solidarité à jamais.

Le syndicat nous rendra forts, dit la chanson. Quand l’inspiration de l’union, du syndicat, courra dans les veines des travailleurs, il n’y aura pas de puissance plus grande sous le soleil. C’est nous qui bâtissons les merveilles du monde, et nous mourrons de faim devant elles : mais le syndicat nous rendra forts. Sans nos cerveaux et nos muscles, même une roue ne peut pas tourner. La force qui est dans nos mains est mille fois plus grande que la puissance des armées. Nous pouvons donner naissance à un monde nouveau sur les cendres de l’ancien, car l’union nous rend forts. L’identité, en langue anglaise, des mots « union » et « syndicat » donne à cette chanson comme à d’autres chansons syndicalistes, comme celles de Woody Guthrie, une saveur particulière.

Il y a sur ce site une version inattendue de cette chanson par Leonard Cohen. Pete Seeger, avec son banjo et accompagné d’un chœur plus ou moins informel pour le refrain, en donne ici une version plus classique.

SOLIDARITY FOREVER

Chorus:
Solidarity forever,
Solidarity forever,
Solidarity forever,
For the union makes us strong.

When the union’s inspiration through the workers’ blood shall run,
There can be no power greater anywhere beneath the sun;
Yet what force on earth is weaker than the feeble strength of one,
But the union makes us strong.

(Chorus)

It is we who plowed the prairies; built the cities where they trade;
Dug the mines and built the workshops, endless miles of railroad laid;
Now we stand outcast and starving midst the wonders we have made;
But the union makes us strong.

(Chorus)

They have taken untold millions that they never toiled to earn,
But without our brain and muscle not a single wheel can turn.
We can break their haughty power, gain our freedom when we learn
That the union makes us strong.

(Chorus)

In our hands is placed a power greater than their hoarded gold,
Greater than the might of armies, magnified a thousand-fold.
We can bring to birth a new world from the ashes of the old
For the union makes us strong.

(Chorus)