Depuis qu’il a réalisé l’album dont est tirée cette chanson, Tom Paxton n’en a publié que sept. C’était en 2002, 40 ans après son premier disque. Il en avait entre-temps fait 53 autres. Ce qui signifie qu’il a dépassé les 60 albums, et rien n’indique que le dernier, paru en 2007, soit définitivement autre chose que le dernier en date. De toute la génération folk émergée des années 60, il est sans doute l’artiste le plus prolifique, et aussi le plus complet, dans la mesure où aucun des genres, des styles, de la chanson populaire ne lui a été étranger – à l’exception peut-être du blues. Tout le monde dans la famille folk, a chanté ses chansons, qui vont de la chanson humoristique à la chanson grave, et de la chanson politique à la chanson pour enfants, en passant par tous les thèmes que peut porter une chanson.

Né en 1937, diplômé de l’université en 1959, il effectue son service militaire et commence à s’intéresser à la chanson, hantant Greenwich Village pendant ses permissions. En 1960, il postule pour entrer dans le Chad Mitchell Trio, mais sa voix ne se marie pas bien avec celle des autres, et il se résigne à chanter en solo. Il enregistre son premier disque en 1962, et fait les beaux jours, ou plutôt les belles nuits du Gaslight Cafe, où il se produit chaque soir. Il publie ses chansons dans Sing Out et dans Broadside, et chante aux côtés de Bob Dylan, Dave Van Ronk, Mississippi John Hurt, Eric Andersen, Phil Ochs, et de nombreux autres. Et c’est là, au Gaslight, qu’un soir de 1963, il rencontre Midge, qui sera la compagne de sa vie. Chanteur militant, comme beaucoup de ses pairs, il est actif dans le mouvement des droits civiques, contre la guerre du Vietnam, et en soutien à diverses luttes sociales. Auteur talentueux, il est remarqué par Pete Seeger pour ses chansons politiques humoristiques, ses chansons d’actualité, et sa critique acide des institutions.

Dans la folk revival, le mérite de Tom Paxton est inestimable. Voici comment Dave Van Ronk comparait son rôle à celui de Bob Dylan : « On cite habituellement Dylan comme le fondateur du mouvement de la nouvelle chanson, et il est assurément devenu son standard le plus voyant. Mais la personne par laquelle toute cette histoire a commencé, c’est Tom Paxton… Il essayait ses chansons par l’épreuve de la performance en public, et il s’est aperçu que ce qu’il écrivait retenait plus l’attention que ses interprétations de chansons traditionnelles, ou que le matériau des autres… il s’est imposé à lui-même l’ascèse d’écrire une chanson chaque jour. A ce moment-là, Dylan n’avait pas encore montré le bout de son nez, et quand Bobby est arrivé, avec au plus deux ou trois chansons qu’il avait écrites, Tom chantait déjà à 50% ses propres chansons… Avant ça, la communauté folk était très liée à la chanson traditionnelle, à tel point que certains auteurs faisaient parfois passer leurs propres trucs pour du traditionnel. »

Quant à ses convictions politiques, laissons la parole à Paxton lui-même : « Être jeune et passionné m’avait conduit presque automatiquement à des positions radicales sur la plupart des sujets. En devenant vieux, je me trouve encore plus ou moins là, à ma grande surprise… »

Paxton regarde les paysages par la fenêtre du train. Est-ce qu’il regarde la lune ? Voudrait-il danser avec elle ? Le train est plein de visages étrangers. Arrivé en ville il prend un taxi. « Cette ville a dix millions de rêves, et aucun n’est le mien ». C’est décidé : il va regarder la lune, et l’inviter à danser…

LOOKING FOR THE MOON

My heart is in the mountains, while my body is on this train,
My head is anywhere but in today.
It’s cloudy in the city, and they say it looks like rain,
Got just one time long to hear the conductor say.

Are you looking for the moon?
Would you dance with her tonight?
Would you chase her cross the shadows,
As she goes sifting out of sight?
Leaving common sense behind you,
For a joy that ends so soon,
Rushing through the forest blind,
Never knowing what you find,
Looking for the moon.

The train is filled with strangers and every stop there’s more,
We’re racing towards the glass and granite walls.
While I‘m dreaming of my river where the rushing rapids grow,
And from somewhere deep inside my spirit calls.

Are you looking for the moon?
Would you dance with her tonight?
Would you chase her cross the shadows,
As she goes sifting out of sight?
Leaving common sense behind you,
For a joy that ends so soon,
Rushing through the forest blind,
Never knowing what you find,
Looking for the moon.

We pull into the station and I join the taxi line,
It’s raining now like it means to rain all day.
This city has ten million dreams, not one of them is mine,
So I turn myself around and I walk away.

And I’ll go looking for the moon,
And I’ll dance with her tonight
And I’ll chase her cross the shadows,
As she goes slipping out of sight.
Leaving common sense behind me,
For a joy that ends so soon,
Rushing through the forest blind,
Never knowing what I find,
Looking for the moon.

Rushing through the forest blind, never knowing what I find,
looking for the moon.
Are you looking for the moon ?