C’est une chanson populaire tirée du fonds quasi inépuisable du folklore des Appalaches que chante ici Joan Baez, mais on voit immédiatement que sa musique est empruntée à une plus vieille ballade (dont Joan Baez donne également une version sur ce site), Silver Dagger. Le thème lui-même n’est pas sans rapport : l’inconstance des hommes, et le danger qu’il y a pour les jeunes femmes à se laisser prendre à leurs beaux discours. La leçon que donne à cet égard à sa fille la mère porteuse du poignard d’argent dans la ballade originale est ici développée en termes plus généraux.

Le titre le plus habituel est Come All Ye Fair And Tender Ladies, mais le mot ladies (dames) est ici remplacé par le mot maidens (jeunes filles), ce qui modifie sans doute un peu son caractère. Dans les versions les plus anciennes, la chanson s’appelle simplement Tiny Sparrow, ou Little Sparrow, le petit moineau, en référence au couplet dans lequel la jeune femme regrette de n’être pas un oiseau avec des ailes et qui pourrait voler vers l’homme qu’elle aime, alors qu’elle est contrainte à rester dans la peine et le tourment.


COME ALL YE FAIR AND TENDER MAIDENS

Come all ye fair and tender maidens
Take warning how you court young men
They’re like a star of a summer’s morning
First they appear and then they’re gone.

They’ll tell to you some loving story
They’ll swear to you their love is true
Straightway they’ll go and court another
And that’s the love that they had for you.

If I had a known before I courted
I never would have courted none
I’d lock my heart in a box of golden
And fastened it up with a silver chain.

O do you remember our days of courtin’
When your head lay upon my breast
You could make me believe with the falling of your eyes
That the sun rose in the west.

I wish I was a little sparrow
And I had wings and I could fly
I’d fly away to my own true lover
And when he speaks I won’t deny.

But I am not no little sparrow
I have no wings neither can I fly
I’ll sit right down in my grief and sorrow
And let my troubles pass me by.