Dans la première moitié du XXe siècle, de façon tout à fait indépendante de l’émergence de ce qui allait devenir la Folk Revival, anticipée à bien des égards par des artistes comme la Carter Family, spécialisée dans les chansons traditionnelles des Appalaches, ou Jimmy Rodgers, qui écrivait et enregistrait des chansons dans cet esprit, une autre source de ce qui deviendrait la Country Music prenait naissance, à travers la musique des westerns : la chanson de cowboys, souvent reconstituée ou réinventée en fonction des critères esthétiques du moment. L’un des principaux noms de cette époque, qui devait supplanter les véritables porteurs du folklore de l’Ouest, était Leonard Franklin Slye, qui s’est fait connaitre sous le nom de scène de Roy Rodgers, le Roi des Cowboys… de série B. Et son rôle clé était celui du « cowboy chantant ». C’est Roy Rodgers qui est à l’origine de la création, en 1934, du groupe Sons Of The Pioneers, Les Fils des pionniers, le plus durable des groupes de cette mouvance de la chanson western, qui combinait chansons authentiquement folkloriques, chansons tard entrées dans le répertoire, et chansons écrites pour les besoins de la cause par les musiciens de l’industrie cinématographique. Sous des compositions changeantes et évolutives, avec un important (et finalement total) renouvellement de son personnel au fil des années, puis des décennies, le groupe a continué sous ce nom à tourner et à enregistrer jusqu’aux années 2000. Le genre musical qu’ils ont promu est assez étranger aux préoccupations politiques et sociales qui ont caractérisé la musique folk proprement dite à partir de la fin des années 30. On les trouve pourtant sur ce site dans une chanson anti-guerre, le talking blues écrit contre l’arme nucléaire par Vern Partlow Old Man Atom. Et Pete Seeger n’hésite pas, en présentant la chanson Way Out There, une chanson sur les hobos, à préciser qu’il l’a apprise des Sons Of The Pioneers : les deux mondes et leurs répertoires n’étaient donc pas séparés par des frontières étanches.

On trouve Ici les Sons Of The Pioneers à leurs débuts, dirigés par Roy Rodgers, et avec Bob Nolan qui en fut l’un des piliers, dans un enregistrement de fin 1937 d’une chanson écrite en 1911 par C. Austin Miles, auteur de divers hymnes de caractère religieux : Dwelling In Beulah Land – référence au pays de Cocagne qui attendait les Hébreux s’ils restaient fidèles à leur foi dans les prophéties d’Isaïe. Seuls deux couplets de la chanson sont ici chantés.

DWELLING IN BEULAH LAND

Chorus:

I’m living on the mountain, underneath a cloudless sky,
I’m drinking at the fountain that never shall run dry;
Oh, yes! I’m feasting on the manna from a bountiful supply,
For I am dwelling in Beulah Land.

Far away the noise of strife upon my ear is falling;
Then I know the sins of earth beset on every hand;
Doubt and fear and things of earth in vain to me are calling;
None of these shall move me from Beulah Land.

(Chorus)

Far below the storm of doubt upon the world is beating,
Sons of men in battle long the enemy withstand;
Safe am I within the castle of God’s Word retreating;
Nothing then can reach me—’tis Beulah Land.

(Chorus)