Lorsque Judy Collins présente ici Leonard Cohen à son public, à Chicago en janvier 1976, elle explique qu’il y a déjà dix ans qu’elle a fait sa connaissance:

« Je regardais un journal, tout récemment, et je me suis aperçue avc un choc que cela faisait exactement 10 ans, ce mois-ci, en 1966, que j’ai pour la première fois rencontré, par l’intermédiaire d’un ami canadien, un grand auteur de chansons, poète, romancier et ami, et je voudrais qu’avec moi vous souhaitiez la bienvenue à un ami vraiment merveilleux, et un homme formidable. Merci d’accueillir Leonard Cohen… »

Elle poursuit : « Nous voudrions chanter ensemble pour vous… » Leonard Cohen présente la chanson : « C’est une chanson que nous avons pour la première fois chantée ensemble dans une chambre d’hôtel à Newport » « C’est exact! » dit Judy Collins. « C’était à un festival ! » « Nous l’avons chantée toute la nuit », dit Leonard… « Je sais… »

Et la chanson qu’ils vont chanter ensemble, Hey That’s No Way To Say Goodbye, est l’une des première qu’il ait écrites, et qu’elle ait enregistrée, dès 1967. C’est une chanson relativement simple, comme il n’en écrira plus ; à certains égards, le simple essai d’un jeune poète, déjà fameux, et qui pour s’essayer à la chanson voulait adopter un langage moins sophistiqué que celui auquel il était accoutumé, et auquel il retournera très vite. Dix ans plus tard, il a déjà publié cinq disques et s’est imposé par son écriture profonde et la mise en œuvre de thèmes complexes dans la chanson. C’est néanmoins cet exemple d’un premier essai – une chanson à laquelle il restera fidèle, et qui n’a jamais quitté son répertoire de concert – qu’ils chantent ici ensemble. Au cours du même spectacle, ils chanteront également une version de Suzanne, que l’on trouve sur ce site.

« Mais ne parlons pas de l’amour ou des chaines, et des choses que l’on ne peut pas dénouer. »


HEY, THAT’S NO WAY TO SAY GOODBYE

I loved you in the morning, our kisses deep and warm,
Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm,
Yes, many loved before us, I know we are not new,
In city and in forest they smiled like me and you,
Oh but now it’s come to distances and both of us must try,
Your eyes are soft with sorrow,
Hey, that’s no way to say goodbye.

No I’m not looking for another as I wander in my time,
Walk me to the corner, our steps will always rhyme
You know my love goes with you as your love stays with me,
It’s just the way it changes, like the shoreline and the sea,
But let’s not talk of love or chains and things we can’t untie,
Your eyes are soft with sorrow,
Hey, that’s no way to say goodbye.

I loved you in the morning, our kisses deep and warm,
Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm,
Yes many loved before us, I know we are not new,
In city and in forest they smiled like me and you,
Oh but now it’s come to distances and both of us must try,
Your eyes are soft with sorrow,
Hey, that’s no way to say goodbye.