Cette chanson de Sleepy John Estes a connu – comme plusieurs autres de ses compositions – une destinée curieuse : elle a inspiré diverses autres chansons, comme le Milk Cow’s Calf de Robert Johnson, ou le Milk Cow Blues de Kokomo Arnold, Pour autant elle n’a pratiquement jamais été reprise, bien qu’elle constitue un somment du blues d’avant-guerre. Sleepy John Estes l’a enregistrée plusieurs fois. Ceci est son premier enregistrement, en 1930, Jab Jones est au piano, et Yank Rachell à la mandoline donne un son très particulier à cette interprétation, dans laquelle il n’est pas question de la moindre vache à lait, comme si l’expression « milk cow » du titre désignait simplement sa compagne. La construction de ce blues est plutôt complexe, comme souvent chez Sleepy John Estes, et le texte sophistiqué. Et ce n’est pas qu’il ait bu du whisky ; c’est le blues qui l’a rendu complètement saoul. Ce n’est pas une maladie, mais ça vous consume petit à petit.


MILK COW BLUES

Now asks sweet mama
Lemme be her kid
She says, ‘i might get boogied
Like to keep it hid’

Well, she looked at me
She begin to smile
Says, ‘i thought I would use you
For my man a while

‘Tha-at you just don’t my
Husband catch you there
Now, just-just don’t let my
Husband catch you there’

Now, went upstair
To pack my leavin’ trunk
I no saw no whiskey
The blues done made me, sloppy drunk

Say I never saw no whiskey
Blues done made me, sloppy drunk
Now I never saw no whiskey
But the blues done made me, sloppy drunk

Now some said, disease
Some said it was, degree’in
But it’s the slow consumption
Killin’ you by degrees

Lord, it’s the slow consumption
Killin’ you by degrees
Now, it’s-a slow consumption
An it’s killin’ you by degrees.