Cette chanson a été composée par Betty Sanders sur un poème de Aaron Kramer. Aaron Kramer, dont la vidéo montre le portrait, était un poète, écrivain et traducteur progressiste. Né en 1921, il commence à écrire des poèmes d’inspiration protestataire dès le milieu des années 30, et a continué presque toute sa vie, que ce soit aussi tard qu’en 1983 à propos de l’intervention américaine en Grenade, où de la visite d’un cimetière nazi par Ronald Reagan en 1985. Il a consacré de nombreux poème à la destruction des Juifs d’Europe au cours de la 2e guerre mondiale, mais en avait préalablement écrit sur la guerre hispano-américaine et sur l’histoire des afro-américains. Il a surtout été un important opposant au maccarthysme et a écrit toute une série de textes sur la chasse aux sorcières. Lié au parti communiste des USA, qui a contribué à financer l’édition de certaines de ses œuvres, il a également contribué à faire connaître, à éditer et à publier la poésie contestataire américaine, et également publié de nombreuses traductions.

C’est pour outrage au Congrès (littéralement, pour « mépris du Congrès ») que bien des victimes de la chasse aux sorcières ont connu la prison. Dans ce texte, Aaron Kramer retourne la figure : ces prisons doivent être vastes pour y enfermer tous ceux qui vous méprisent, pour que le pays entier puisse y être enfermé ; et ce sont aussi les oiseaux qui continuent de chanter, les parents qui rêvent de paix, les enfants qui jouent, les oies sauvages qui volent au delà des montagnes. Et lorsque vous aurez mis aux arrêts la lune et le soleil, et enfermé les poèmes un par un, et enfermé la moindre brise faiseuse de problèmes, vous pourrez jeter la clé de vos prisons.

In Contempt est chantée par Laura Duncan, une chanteuse afro-américaine qui a un temps chanté avec les Weavers, accompagnée par Ernie Lieberman, Betty Sanders et Osborne Smith.

IN CONTEMPT

Build high build wide your prison wall
That there be room enough for all
Who hold you in contempt build wide
That all the land be locked inside

Though you have seized the valiant few
Whose glories cast a shade on you
How can you now go home with ease
Jangling your heavy dungeon keys

The birds who still insist on song
The sunlit streams still running strong
The flowers still blazing red and blue
All are in contempt of you

The parents dreaming still of peace
The playful children, the wild geese
Who still must fly the mountains to
Like fists are in contempt of you

When you have seized both moon and sun
And jailed the poems one by one
And trapped each trouble-making breeze
Then you can throw away your keys

Build high build wide your prison wall
That there be room enough for all
Who hold you in contempt build wide
That all the land be locked inside