Joan Baez a enregistré cette chanson dans son album de 1969, David’s Album. Elle la chante ici la même année, dans une vidéo enregistrée dans le cadre privé et informel d’un appartement en vague désordre, et devant son mari David Harris – qui semble plutôt s’ennuyer de la présence d’une caméra et de l’aspect un peu artificiel de la scène. Mais pour qui ne voit précisément pas la caméra, ce que l’on voit, c’est Joan Baez chantant à l’improviste de son quotidien une de ses dernières chansons. Et la scène est plutôt sympathique.

Il ne s’agit pas d’une chanson originale : elle avait été enregistrée par Hank Williams, qui est à bien des égards le père de la Country Music, et l’a également été par Ramblin’ Jack Elliott. Joan Baez y ajoute toutefois un couplet, rendant plus explicite la caractère politique de la chanson. Aux couplets qui évoquent le mendiant que les riches laissent mourir dans la rue, et le comparent à Jésus, elle ajoute : « Quand les batailles seront achevées, et la victoire acquise, tout le monde pleurera avec le fils du pauvre homme. Rouge, blanche et bleue, la douce victoire… et ils l’ont laissé mourir comme un clochard dans la rue »


TRAMP ON THE STREET

Only a tramp was Lazarus that day,
He lay down by the rich man’s gate.
He begged for crumbs from the rich man to eat
But they left him to die like a tramp on the street.

Jesus who died on Calvary’s tree,
Shed his life blood for you and for me
They pierced his side, his hands and his feet
And they left him to die like a tramp on the street.

He was Mary’s own darlin’, he was Mary’s own son;
Once he was fair and once he was young,
And Mary she rocked him, her little darlin’ to sleep,
But they left him to die like a tramp on the street.

When the battles are over, and the victory’s won,
Everyone mourns with the poor man’s son,
Red white and blue, and victory sweet,
And they left him to die like a tramp on the street.