Irving Gordon, né en 1915 était plutôt un parolier pour le jazz, mais il a aussi multiplié les textes sur l’histoire américaine, ainsi cette chanson qui évoque les drames de la guerre civile. Si c’est bien sûr de la guerre civile américaine qu’il est question, reconnaissable aux uniformes bleu et gris des deux frères qui partent au combat, le propos n’est pas partisan, et pourrait être adapté à n’importe quelle situation dans laquelle deux frères peuvent partir à la guerre l’un contre l’autre – deux frères qui sont des métaphores pour deux jeunesses d’un même pays.

C’est Fred Hellerman qui la chante ici dans un enregistrement public des Weavers de 1951. Et bien sûr, c’est de la guerre en général qu’il est question lorsqu’il emphatise le vers qui dit qu’un boulet de canon ne fait pas de détail. Deux frères étaient partis, l’un en bleu et l’autre en gris ; un seul revient. Deux fiancées attendent le train pour attendre leurs bien-aimés : l’une en bleu et l’autre en noir.


TWO BROTHERS

Two brothers on their way,
Two brothers on their way,
Two brothers on their way,
One wore blue, and one wore gray.

One wore blue and one wore gray,
As they marched along their way.
The fife and drum began to play,
All on a beautiful morning.

One was gentle, one was kind,
One was gentle, one was kind,
One came home, one stayed behind,
A cannon ball don’t pay no mind.

A cannon ball don’t pay no mind,
If you’re gentle if you’re kind.
It don’t think of the folks behind,
All on a beautiful morning.

Two girls waiting by the railroad tracks,
Two girls waiting by the railroad tracks,
Two girls waiting by the railroad tracks,
One wore blue, and one wore black.

One wore blue and one wore black,
Waiting by the railroad tracks,
For their darlings to come back,
All on a beautiful morning.