Sans doute le monde n’a-t-il jamais été sûr et a connu beaucoup de désastres. Mais voilà : le pire est devant nous. C’est ce qu’explique ici Tom Paxton.

Cette chanson, One Million Lawyers, Un million d’avocats, est parue en 1985 dans un disque presque éponyme, mais plus général, puisque son titre était : One Million Lawyers And Other Disasters – Un million d’avocats et autres désastres. Elle est reprise en 1988 dans un disque entièrement consacré à l’enregistrement public de chansons sur des thèmes à caractère politique et social, le plus souvent traités de façon humoristique, c’est à dire à la Tom Paxton.

Le mot « avocats » pour traduire « lawyers » est approximatif : les systèmes judiciaires français et anglo-saxons sont assez différent. Le lawyer est un juriste qui peut tenir le rôle de ce que serait un conseil juridique, un juriste d’entreprise, un avocat (membre ou non d’un de ces immenses cabinets tout puissants qui regroupent aux Etats-Unis des milliers de praticiens), un avoué, un notaire etc. En France, on disait de la IIIe République qu’elle était la « République des avocats », tant les avocats étaient nombreux au Parlement ou dans les cabinets ministériels. Mais le poids des lawyers dans la vie politique américaine est bien plus important…

Paxton avait-il lu cette projection dans un journal ? Le voici en tous cas épouvanté à écrire ce refrain : « Dans dix ans nous aurons un million d’avocats. Combien ce pauvre pays peut-il en supporter ? » Et d’énumérer les catastrophes qu’a pu connaître l’humanité, inondations, football, tornades, guerres ou épidémies, en annonçant par ce refrain que le pire est à venir. On va trouver des avocats partout, au premier tournant, dans les arbres, dans les restaurants, dans les clubs, derrière chaque porte… et même en politique !

Avant de chanter sa chanson, Tom Paxton prend un air faussement grave pour expliquer en substance à son public, en quelques mots, que comme beaucoup le savent, le profil de son poste inclut la volonté d’alerter constamment sur les dangers qui pèsent sur la façon de vivre à l’américaine, et qu’il se précipite pour écrire des chansons dès qu’il perçoit un tel danger, mais parfois il peut arriver qu’il soit trop tard. Et c’est le cas. Et Paxton y insiste avant de prendre sa guitare : il n’y a pratiquement plus aucun espoir. Un détail pourtant : le public connait bien la chanson, et reprend avec lui le refrain. Mais quand il propose que seuls les avocats chantent, il semble bien qu’il n’y en ait aucun dans la salle…


ONE MILLION LAWYERS

Humankind has survived some disasters, for sure,
Like locusts and flash floods and flu.
There’s never a moment when we’ve been secure,
From the ills that the flesh is heir to.
If it isn’t a war, it’s some gruesome disease.
If it isn’t disease, then it’s war.
But there’s worse still to come, and I’m asking you, please,
How the world’s gonna take any more.

Chorus:
In ten years we’re gonna have one million lawyers.
One million lawyers, one million lawyers.
In ten years we’re gonna have one million lawyers.
How much can a poor nation stand?

The world shook with dread of Attila the Hun
As he conquered with fire and steel.
And Genghis and Kubla and all of the Khans
Ground a groaning world under the heel.
Disaster, disaster – so what else is new?
We’ve suffered the worst, and then some.
So I’m sorry to tell you, my suffering friends,
Of the terrible scourge still to come.

(Chorus)

Oh, a suffering world cries for mercy
As far as the eye can see,
Lawyers around every bend in the road.
Lawyers in every tree.
Lawyers in restaurants.
Lawyers in clubs.
Lawyers behind every door.
Behind windows and potted plants,
Shade trees and shrubs.
Lawyers on pogo sticks.
Lawyers in politics.

In ten years we’re gonna have one million lawyers.
How much can a poor nation stand?

In spring it’s tornados and rampaging floods;
In summer it’s heat stroke and drought.
There’s Ivy League football to ruin the fall,
It’s a terrible scourge without doubt.
There are blizzards to batter the shivering plain.
There are dust storms that strike, but far worse
Is the threat of disaster to shrivel the brain;
It’s the threat of implacable curse.

(Chorus)

How much can a poor nation stand?