Buffy Sainte-Marie n’a rien d’une immigrante : elle est elle-même issue des premiers habitants de l’Amérique, et a déployé une bonne part de son talent et de ses luttes aux droits des Amérindiens, à leur mémoire, à leurs espoirs et à leur dignité. Mais les droits, les espoirs et la dignité ne se divisent pas, et dans cette chanson de 1965, c’est aux nouveaux immigrants qu’elle s’adresse, pour leur souhaiter la bienvenue. Non pas aux immigrants des siècles passés, ceux qui ont massacré son peuple et se sont approprié ses terres, mais aux immigrants modernes – et en particulier aux latino-américains, qu’elle appelle dans leur propre langue Emigrante, manifestant une solidarité progressiste entre les exploités et les opprimés. « Soyez les bienvenus à la maison, soyez les bienvenus dans le pays que j’aime ». Pour le dire, elle se met à la place des américains eux-même descendants d’immigrants, affirmant la fierté de leurs ancêtres, qui ont travaillé dur pour construire ce pays, venus de loin pour une terre qu’ils ne connaissaient pas, qui parlaient une langue étrangère et travaillaient de leurs mains, tout comme les nouveaux immigrants.


WELCOME, WELCOME EMIGRANTE

Oh welcome, welcome emigrante,
To my country, welcome home.
Welcome, welcome emigrante,
To the country that I love.

I am proud, I am proud,
I am proud of my forefathers and I say
They built this country.
And they came from far away
To a land they didn’t know,
The same way you did, my friend.

So welcome, welcome emigrante,
To my country, welcome home.
Welcome, welcome emigrante,
To the country that I love.

I am proud, I am proud,
I am proud of my forefathers and I say
About their courage.
For they spoke a foreign language
And they laboured with theirs hands,
The same way you did, my friend.

So welcome, welcome emigrante,
To my country, welcome home.
Welcome, welcome emigrante,
To the country that I love.