Johnny Cash interprète ici, dans un concert donné à la prison de Folsom le 13 janvier 1968, la chanson qu’il a consacrée à cette prison. On entend les réactions enthousiastes des prisonniers qui constituent le public – mais il semble bien que ces cris ont été en réalité ajoutés lors de la post-production, pour ajouter au réalisme de l’enregistrement. Peu importe à vrai dire, il n’en s’agit pas moins d’un document touchant.

Johnny Cash avait écrit cette chanson au début des années 50, alors qu’il effectuait son service militaire en Allemagne. Elle figure sur son premier album, enregistré en 1957, et était le plus souvent le morceau d’ouverture de ses concerts – comme c’est le cas lors du concert historique à la prison de Folsom dont cet enregistrement est extrait. Une autre version de cette chanson est proposée sur ce site, celle, excellente, de Ramblin’ Jack Elliott.

C’est une chanson typique du répertoire folk, même si c’est en tant que roi à venir de la Country Music que Johnny Cash l’a conçue. Les frontières entre les genres sont ici ténues. Folsom Prison Blues est à la fois une chanson de prison et une chanson de train : deux genres importants de la musique folk, que l’on retrouve également conjugués dans le Midnight Special de Leadbelly. Le prisonnier entend ici un train passer. Et le train est bien sûr le symbole du mouvement possible et de la fuite, faisant ainsi contraste avec la vie derrière les barreaux. Ce prisonnier sait bien qu’il n’est pas là par hasard, qu’il est responsable de sa situation, pour avoir sans même d’autres raisons que la volonté de le voir mourir, tué un homme. Il n’en rêve pas moins de sa liberté, pour laquelle son projet est modeste : se trouver loin de la prison de Folsom.


FOLSOM PRISON BLUES

I hear the train a comin’
It’s rolling round the bend
And I ain’t seen the sunshine since I don’t know when,
I’m stuck in Folsom prison, and time keeps draggin’ on
But that train keeps a rollin’ on down to San Antone..

When I was just a baby my mama told me. Son,
Always be a good boy, don’t ever play with guns.
But I shot a man in Reno just to watch him die
When I hear that whistle blowing, I hang my head and cry..

I bet there’s rich folks eating in a fancy dining car
They’re probably drinkin’ coffee and smoking big cigars.
Well I know I had it coming, I know I can’t be free
But those people keep a movin’
And that’s what tortures me…

Well if they freed me from this prison,
If that railroad train was mine
I bet I’d move it on a little farther down the line
Far from Folsom prison, that’s where I want to stay
And I’d let that lonesome whistle blow my blues away…..