Ceci est le premier enregistrement de la célèbre chanson de Bob Dylan, qui fut l’hymne de toute une génération, et a en particulier largement accompagné la lutte pour les droits civiques et le bouillonement de révolte des campus universitaires. Il a été réalisé par les disques Folkways pour la revue Broadside par un groupe aussi éphémère qu’informel, The New World Singers, alors constitué de Happy Traum, Gil Turner, Delores Dixon, et Bob Cohen.

Bob Dylan avait sans doute mis plus 9 minutes à écrire cette chanson ; mais assurément moins de 11. Environ. Il l’avait écrite sur la musique du spiritual No More Auction Blok For Me (que l’on trouve sur ce site dans l’interprétation d’Odetta), qu’il raconte avoir appris d’un enregistrement de la Carter Family – lequel enregistrement semble bien ne pas exister – mais qu’il a pu entendre là où il avait ses habitudes, le club Gerde’s Folk City, à Greenwich Village, par la voix de Delores Dixon, qui l’y interprétait régulièrement. Celle-ci se produisait dans ce club avec les New World Singers, qui ambitionnaient de devenir les nouveaux Weavers. Dans ses Chroniques, Dylan affirme que Delores, la chanteuse afro-américaine du groupe était à l’époque sa petite amie à temps partiel. Et elle-même raconte qu’elle l’avait surpris à écrire sa chanson un matin d’avril 1962, alors qu’il avait passé la nuit chez elle, et lui avait reproché de mettre de nouvelles paroles sur cette chanson traditionnelle – ce qui est pourtant un processus assez habituel de la chanson folk. Les New World Singers ont chanté cette chanson alors que l’encre de son écriture était à peine sèche devant le public enthousiaste du Gerde’s. Dans cet enregistrement, de peu ultérieur, Delores Dixon, qui chante le refrain, s’obstine à ne pas y dire « blowin’ », mais « blown », par souci de correction grammaticale. Mais peut-être change-t-elle ainsi le sens de ce refrain. Dans sa version, la réponse aux nombreuses questions posées par le monde apparaît comme « soufflée dans le vent ». Mais pour certains analystes de la chanson, le message était que cette réponse, qui souffle dans le vent, était une métaphore du drapeau des États-Unis flottant fièrement : il y avait toujours un peu de patriotisme dans l’ethos des progressistes américains.

Vinrent ensuite en 1963 les enregistrements de Dylan lui-même (dans son album Freewheelin’ Bob Dylan, mais aussi par exemple celui que l’on trouve sur ce site), et surtout celui de Peter, Paul & Mary qui a fait connaître la chanson à un vaste public. Un enregistrement avait été réalisé par le Chad Mitchell Trio, mais n’avait pas été publié, le producteur refusant la présence du mot « mort » dans la chanson. Des centaines d’autres version ont suivi.

BLOWIN’ IN THE WIND

How many roads must a man walk down
Before he’s called a man?
And how many seas must a white dove sail
Before he sleeps in the sand?
How many times must the cannonballs fly
Before they’re forever banned?

Chorus:
The answer, my friend, is blown in the wind
The answer is blown in the wind

How many years must a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
How many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
How many times can a man turn his back
And pretend that he just doesn’t see?

(Chorus)

How many times must a man look up
Before he can see the sky?
How many ears must one man have
Until he can hear people cry?
How many deaths will it take till he knows
That too many people have died?

(Chorus X2)

The answer is blown in the wind
The answer is blown in the wind