Ho Chi Minh était mort depuis cinq ans, lorsque Pete Seeger a enregistré cette chanson en 1974. Il ignorait que ses partisans mettraient un terme dès l’année suivante à la guerre du Vietnam par une éclatante victoire, et que leur premier acte serait de donner à Saïgon, la capitale du Sud-Vietnam, le nom de Ho-Chi-Minh-Ville. Vingt ans après la chanson d’Ewan McColl, que l’on trouve sur ce site avec une longue notice sur la vie de son héros, son beau-frère chante donc à son tour l’Oncle Ho, non pas cette fois pour parler de lui ou de sa vie, mais pour évoquer la puissance de son enseignement : « Nous avons appris le pouvoir du Peuple et le pouvoir de savoir du professeur Oncle Ho ! ». Du côté vietnamien, cette leçon c’est qu’un homme qui défend son pays a la force de dix. Pour l’humanité, c’est que l’on peut être en désaccord sans s’entretuer. Et pour les américains, auxquels s’adresse la chanson, c’est d’apprendre à dire : « Non, nous n’irons pas ! »

S’accompagnant à la guitare à douze cordes, Pete Seeger ouvre sa chanson par une partie sifflée avec brio de la musique, particulièrement enlevée qu’il a composée. Il en chante ensuite deux fois le texte, puis reprend son sifflement…


TEATCHER UNCLE HO

He educated all the people.
He demonstrated to the world:
If a man will stand for his own land,
He’s got the strength of ten.

And if we’d only learn the lesson,
It could even be a blessin’,
He and me might disagree,
But we needn’t go to shooting again.

And if soldier boys in every land say,
« Hell no, we won’t go, »
« Hell no, we won’t go, »
« Hell no, we won’t go! »

I’ll have to say in my own way,
The only way that I know,
That we learned power to the people and the power to know
From Teacher Uncle Ho!