C’est au matin du 21 octobre 1966 qu’est survenue la tragédie d’Aberfan, au Pays de Galles. 150.000 mètres cubes de débris de la mine de charbon, entassés en crassier depuis l’ouverture de la mine en 1874, glissaient sur l’école du village. Une ferme et une vingtaine de maisons étaient détruites, et surtout la boue emplissait soudainement les salles de classe de l’école primaire de Pantglas. La moitié des élèves étaient tués : 116 enfants âgés entre sept et dix ans, ainsi que cinq instituteurs, 144 personnes en tout. Lord Robens, le patron de l’entreprise, ne jugea pas utile de se rendre sur les lieux avant le lendemain soir, et expliqua qu’il s’agissait d’une catastrophe naturelle imprévisible, malgré de nombreux avis contraires. Il refusa que la compagnie finance l’enlèvement des autres crassiers surplombant la ville, se bornant à accorder une somme de 150.000 £ aux fonds de secours.

Une demi douzaine de chansons ont été écrites sur cet événement, dont l’une par Ewan McColl, qu’a enregistrée Peggy Seeger. Celle-ci, de Thom Parrott date des jours qui l’ont suivi et a été publiée par la revue Broadside. Thom Parrott était un artiste de folk, mais aussi de blues et de country music depuis les années 50, et avait partagé entre autres la scène avec Pete Seeger. Bien qu’il ait écrit quelque 200 chansons, il poursuit une carrière des plus modestes, sur les circuits non commerciaux, chantant en particulier dans les maisons de retraite et autres établissements de soin.

Thom Parrott raconte l’histoire, cite les derniers mots écrits par certains enfants, mais surtout met en cause les responsabilités du pouvoir de l’argent dans cette tragédie. Le charbon vaut plus que l’or, et une génération a été vendue pour le profit. Combien de vie achète-t-on avec combien de tonnes de charbon ? Un couplet qui n’est pas enregistré (mais dont on trouve ici le texte entre crochets) va plus loin : si le crassier a tué, le crime de la direction des mines est pire encore.


THE ABERFAN COAL TIP TRAGEDY
Mining men of Wales are hardy, strong and bold,
And they tunnel in the earth and make it yield its coal.
But in the town of Aberfan, it’s dearer now than gold,
For one generation for the profit has been sold.

Chorus:
How many died in Aberfan
When the coal tip came rumbling down?
How many children will never grow old?
And how many lives purchase how many tons of coal?

The little school of Pantglas lay where the mountain loomed,
Ssome two hundred children took their lessons in its rooms.
But on the day fall recess was to begin, they went to meet their doom,
Not knowing « the green hollow » would soon become their tomb.

(Chorus)

It was just 9:00 AM when they opened up the door,
And in came the children, two hundred, maybe more,
For nobody knew what the mountain had in store.
Lucky ones were tardy, the others are no more.

(Chorus)

« I played with my big dog, I played with my cat. »
Signed « Paul, October 21. » There’s nothing after that.
For the mountain came down, and everyone was trapped,
And now there’s only coal slag where little Paul once sat.

(Chorus)

In eighteen hundred and seventy-four, the first pit shaft went down,
And they started piling mining waste on the slopes above the town.
And everybody knew that the practice was unsound
But for ninety-two years no better place was found.

(Chorus)

[The men of the National Coal Board said that they’d known from the first.
The coal tips they permitted were a worry and a curse.
But I’ve heard that kind of thing so many times and it always sounds rehearsed.
If the coal tip was a murderer, the Coal Board’s crime was worse.]

For the children all were pretty, the children all were fine,
But the children went to school in the shadow of the mine.
And with the slaggy up above them, they were running out of time,
And they were buried alive by the Ministry of Mine.

(Chorus)