Des punaises dans le lit. C’est une image de la pauvreté qui a fait l’objet d’un blues classique. Il y avait eu Mean Bedbug Blues, en 1927, par Lonnie Johnson, et la même année, par Bessie Smith, avec un accompagnement rare dans sa discographie de piano et guitare. Avec des différences de détail, il s’agit bien de la même chanson. Elle a été reprise plusieurs fois par les jeunes artistes folk qui s’intéressaient au blues : ainsi, un fameux enregistrement de 1961 par Dave Van Ronk. Mais auparavant, Jack Elliott l’avait enregistrée dans son troisième disque, en 1958. Il fait précéder, comme pour la plupart des morceaux de ce disque, son interprétation par un bref commentaire :

« Après une dure et longue journée à affronter la vie, c’est assurément bon de partir et de se traîner jusque son lit. C’est un genre de fuite… Hélas, parfois, c’est précisément là que l’on rencontre l’un des pires problèmes de la vie… »


BED BUG BLUES

Bed bug is mean and evil, he sure don’t mean me no good.
Bed bug is mean and evil, he sure don’t mean me no good.
Hey he’s a woodpecker, and I’m a chunk of wood.

Bed bug is big as a jackass, will bite you and stand and grin.
Bed bug is big as a jackass, will bite you and stand and grin.
Run up in the corner, comes back and bites you again.

When I lay down at night, I wonder how can a po’ boy sleep.
When I lay down at night, I wonder how can a po’ boy sleep.
Bed bug under my pillow, bed bug hid in my bed

I heard a noise in a corner, I went and seed.
I heard a noise in a corner, I went and seed.
It was the bedbug mother prayin’ : Lord, gimme some mo’ to eat.