Joan Baez donne ici une interprétation superbe d’une chanson traditionnelle à l’origine confuse. Si elle semble bien être née dans les Appalaches – recueillie en 1915 et enregistrée dès 1916 sous le titre Black Is The Colour par Lizzie Roberts, certaines de ses versions font référence au fleuve Clyde, ce qui suppose une origine écossaise. Alan Lomax, qui a entre autres beaucoup étudié le folklore écossais, penche pour une telle origine. C’est au demeurant le cas de nombreuses chansons traditionnelles américaines : elles ont traversé l’Atlantique avec les émigrants, et se sont acclimatées à leur nouvel environnement. Certaines versions sont masculines, d’autres féminines, et ce sont suivant les cas des cheveux d’un homme ou d’une femme qu’il est question. Joan Baez chante ici l’amour d’une femme pour un homme. Mais tel n’est pas le cas de la version de Nina Simone, enregistrée en 1969 sur un texte et une musique légèrement différentes, et où l’on trouve un écho du slogan « Black is Beautiful », le noir étant aussi la couleur du corps de la femme aimée. Le compositeur contemporain Luciano Berio a utilisé l’une des mélodies de cette chanson dans son travail d’adaptation de chansons folkloriques, enregistrées avec Cathy Berberian.

Joan Baez ne chante que deux couplets de la chanson. Suffisamment pour en exprimer toute la poésie désolée.


BLACK IS THE COLOR OF MY TRUE LOVE’S HAIR

Black, black, black is the colour of my true love’s hair.
His lips are something wond’rous fair
The purest eyes and the bravest hands.
I love the ground whereon he stands.

I love my love and well he knows,
I love the ground whereon he goes
And if my love no more I see
My life would quickly fade away.

Black, black, black is the colour of my true love’s hair.