Judy Collins a consacré en 1961 son premier album, Maid Of Constant Sorrow, à des chansons traditionnelles, s’imposant comme l’une des représentantes majeures de la nouvelle vague folk, avant de devenir, quelques années plus tard, d’abord une interprète exigeante de chansons à textes. Parmi ces chansons, Pretty Saro : une chanson qui semble dater du début XVIIIe siècle anglais, mais qui n’a pas survécu dans ce pays, et dont on perd la trace dès le milieu de ce même siècle, pour la retrouver intacte dans le répertoire folklorique des Appalaches au début du XXe siècle. Pete Seeger en a donné une version, et Bob Dylan l’a enregistrée en 1970 pour son album Self Portrait – où elle ne figure pas, mais l’enregistrement a été publié plus tard…

Pretty Saro est l’une des innombrables ballades de l’amour impossible. Un jeune homme est follement amoureux d’une jeune femme, la belle Pretty Saro, mais il est pauvre et n’a rien à lui offrir, comparé à ce que pourrait faire un riche marchand. Il comprend bien qu’elle ne veuille pas de lui, mais se dit que s’il savait écrire, il lui ferait une lettre au bord de la rivière, et là, c’est elle qui comprendrait ! Mais il doit se résigner à rêver d’elle, où qu’il aille.


PRETTY SARO

Down in some lone valley in a lonesome place
Where the wild birds all whistle and their notes do increase
Farewell Pretty Saro, I must bid you adieu
But I’ll dream of Pretty Saro wherever I go

My love, she won’t have me and I understand
She wants a rich merchant and I have no land
I cannot maintain her, I’ve no silver and gold
Can’t give her the nice things that a big house will hold

But if I were a merchant and I could write a fine hand
Then I’d write my love a letter that she’d understand
I’d write it by the river where the waters overflow
And I’ll dream of Pretty Saro wherever I go