Big Bill Broonzy a été l’un des artistes les plus prolifiques de la scène blues. Après des débuts ancrés dans le blues rural, il devient dans les années trente l’un des représentants les plus marquants du premier « Chicago Blues » et enregistre surabondamment. Ce style est balayé à partir du milieu des années 40 par celui qu’apportent avec eux les musiciens des nouvelles générations issues du delta du Mississippi. Après guerre, pour la fin de sa vie, Big Bill opère un genre de retour à un style plus dépouillé, surtout pour un public blanc avide de découvrir un blues « authentique ». Au cours de cette dernière période, il ajoute un certain nombre de chansons « folk » à son répertoire. Ainsi dans cette version de Frankie And Johnny.

Il s’agit d’une vieille ballade du folklore afro-américain, sans doute inspirée à la fin du 19e siècle par un fait divers, le meurtre par Frankie de son amant Johnny qui la trompait. Les détails de cette histoire, comme les noms des protagonistes, varient selon les interprétations. La chanson a été enregistrée un nombre incalculable de fois à partir des années vingt, par des artistes très variés, Noirs et Blancs. Jimmie Rodgers, Pete Seeger, Leadbelly, Mississippi John Hurt, et même Bob Dylan en ont donné leur interprétation.