La figure du hobo, le vagabond qui emprunte les trans de marchandises pour voyager d’un coin à l’autre du pays, ouvrier agricole un jour, mendiant un autre, sans abri toujours, est l’une des grandes figures mythiques qui a inspiré les folksingers après Woody Guthrie. Guthrie avait une empathie très forte pour les simples gens en général, pour les pauvres et les exploités, pour les miséreux, et en particulier pour les hobos. Lui-même avait connu ces voyages en passager clandestin des trains qui traversaient d’Est en Ouest les États-Unis. Sans jamais avoir été lui-même un hobo, il les avait fréquentés et aimés.

Cette chanson, Hobo’s Lullaby, lui est souvent attribuée et a été chantée par une quantité innombrable d’artistes. Elle est en réalité l’œuvre d’un authentique hobo, du nom de Goebel Reeves. Woody l’a souvent chantée, et l’a enregistrée en 1944. Il disait que c’était sa chanson préférée.

Elle est ici interprétée à sa façon par Ramblin’ Jack Elliott. Il modifie légèrement les paroles, comme le font souvent les artistes folk qui chantent des chansons apprises par coeur, parfois depuis longtemps, conformément à la tradition vivante qu’ils illustrent. Il omet également un des couplets. C’est le texte original qui figure ci dessous. La vidéo est illustrée par des photos contemporaines de sans logis.

Va dormir, hobo épuisé… entends tu le frémissement des rails ? C’est la berceuse du hobo. Je sais que la police te cause des problèmes – c’est ce qu’ils font partout. Mais quand tu mourras et iras au ciel, tu ne trouveras pas de policiers là bas.


HOBO’S LULLABY

Go to sleep you weary hobo
Let the towns drift slowly by
Can’t you hear the steel rails hummin’
That’s the hobo’s lullaby

I know your clothes are torn and ragged
And your hair is turning gray
Lift your head and smile at trouble
You’ll find peace and rest someday

Now don’t you worry ’bout tomorrow
Let tomorrow come and go
Tonight you’re in a nice warm boxcar
Safe from all that wind and snow

I know the police cause you trouble
They cause trouble everywhere
But when you die and go to Heaven
You’ll find no policemen there

So go to sleep you weary hobo
Let the towns drift slowly by
Listen to the steel rails hummin’
That’s a hobo’s lullaby