Sous l’influence géante de Woody Guthrie, bon nombre des jeunes artistes qui ont émergé sur la scène folk des années 60 ont voulu chanter l’errance, les vagabonds, les trimardeurs, les hobos, adoptant ainsi tout un folklore qui appartenait en fait à une autre époque, comme s’ils s’identifiaient à Guthrie, à sa vie, à son expérience des années 30. Il y avait bien sûr quelque chose d’un peu artificiel dans cette démarche, mais cela a donné lieu à plusieurs chansons populaires de bonne facture.

Le Ramblin’ Boy de Tom Paxton en est un parfait exemple. Paxton, issu d’un milieu urbain aisé, n’a évidemment pas vécu cette vie là. Il n’a pas erré de ville en ville en cherchant un petit boulot ni en dormant sur des cartons au coin de la rue. Il n’a pas eu pour ami un de ces vagabonds morts de froid, ni connu cette fraternité des pauvres. Mais il a su la décrire et la chanter. Et cette chanson a été l’une de ses plus populaires, parmi ses pairs. Pete Seeger l’a chantée lors de son grand concert de 1963 à Carnegie Hall. L’année précédente, il l’y avait déjà chantée à l’occasion d’un concert de retrouvaille des Weavers. C’est cet enregistrement que l’on trouvera ici. Une version « à la Pete Seeger », car si ses amis des Weavers se taisent, le public, lui, chante le refrain.