Un chant de travail appris par Leadbelly dans les pénitenciers, et dont il existe une grande quantité de versions : voilà Take This Hammer. Attesté dès la fin du XIXe siècle, il semble qu’il trouve son origine dans les chantiers où travaillaient des esclaves, à moins qu’il ne soit directement né dans les bagnes où les prisonniers, en grande majorité afro-américains, travaillaient soit sur les routes, soit à la construction des chemins de fer. La même chanson existe sous le titre Nine Pound Hammer, et est parfois associée au légendaire John Henry, l’homme au marteau dont l’histoire est au cœur de tout un folklore (il y a sur ce site une version de John Henry par Woody Guthrie et Cisco Houston, une autre par Mississippi Fred McDowell, et une autre encore par Big Bill Broonzy).

La version de Leadbelly, dans laquelle il ponctue chaque vers par un souffle profond correspondant à l’effort du travailleur qui abat son marteau, donnant ainsi idée de l’interprétation vivante et en contexte de cette chanson, est très épurée quant à son texte. Il n’y fait aucune référence à John Henry, ni à rien d’autre qu’aux idées de liberté et à la volonté de dignité du prisonnier, qui rêve d’évasion et d’une meilleure nourriture…

 

TAKE THIS HAMMER

Take this hammer, carry it to the captain
Take this hammer, carry it to the captain
Take this hammer, carry it to the captain
Tell him I’m gone
Tell him I’m gone

If he asks you was I runnin’
If he asks you was I runnin’
If he asks you was I runnin’
Tell him I was flyin’
Tell him I was flyin’

If he asks you was I laughin’
If he asks you was I laughin’
If he asks you was I laughin’
Tell him I was cryin’
Tell him I was cryin’

I don’t want no cornbread and molasses
I don’t want no cornbread and molasses
I don’t want no cornbread and molasses
It hurts my pride
It hurts my pride

Take this hammer, carry it to the captain
Take this hammer, carry it to the captain
Take this hammer, carry it to the captain
Tell him I’m gone
Tell him I’m gone