Attestée aux États-Unis par une publication de 1907, Silver Dagger puise sans doute son origine assez loin dans le folklore anglais. La version de Joan Baez que l’on trouvera ici n’utilise que certains des couplets de la version imprimée, qui en compte beaucoup. Barbara Dane en chantait un peu plus.

Le thème classique de la jeune fille qui repousse les avances de l’homme qui la courtise utilise certaines idées que l’on trouve mises en œuvre dans d’autres chansons, par exemple le Who’s Knocking At My Window que l’on trouve sur ce site par Peggy Seeger et Tom Paley. Mais ce n’est pas le père de la jeune fille qu’il faut ici éviter de réveiller, c’est sa mère, qui dort avec dans sa main droite une dague d’argent. Et si cette mère s’oppose au mariage de sa fille, c’est qu’elle a elle-même fait l’expérience de la trahison de son propre mari. Convaincue par sa mère de la duplicité des hommes, la jeune fille décide de dormir seule toute sa vie, et invite son soupirant à chercher une autre fiancée.


SILVER DAGGER

Don’t sing love songs; you’ll wake my mother
She’s sleeping here, right by my side
And in her right hand, a silver dagger
She says that I can’t be your bride.

All men are false, says my mother
They’ll tell you wicked, lovin’ lies
The very next evening, they’ll court another
Leave you alone to pine and sigh.

My daddy is a handsome devil
He’s got a chain five miles long
And on every link a heart does dangle
Of another maid he’s loved and wronged.

Go court another tender maiden
And hope that she will be your wife
For I’ve been warned and I’ve decided
To sleep alone all of my life.