Quoiqu’elle soit américaine, c’est en Grande Bretagne où elle était installée depuis 1956, que Julie Felix a été attrapée par la vague folk. Au début des années 60, elle était d’une grande popularité dans ce pays, où elle interprétait beaucoup des auteurs de la nouvelle génération d’outre-Atlantique, en particulier Bob Dylan. Son répertoire comportait aussi des chansons traditionnelles, comme cette belle ballade anglaise du 17e siècle, Geordie. Comme beaucoup de chanteurs contemporains, elle ne chante que quelques couplets, qui ne rendent compte que d’une partie de l’intrigue.

Il s’agit d’une dame, Polly, qui se presse de se rendre à Londres, où son mari, George dit Geordie, est jugé pour avoir volé seize beaux chevaux blancs au roi. Mais Polly arrive trop tard pour plaider pour son mari : il est déjà condamné, sous le regard de nombreux lords et ladies. Comme il s’agit d’un homme de haute naissance, c’est dans des chaines d’or qu’il sera pendu.

Le crime reproché à Geordie n’est pas le même dans toutes les versions : il s’agit parfois de vol, parfois de braconnage. Dans certains cas, Polly essaye d’apitoyer les juges par le fait qu’elle a six enfants, et qu’elle en porte un septième, mais rien n’y fait.

Joan Baez et Ewan McColl ont donné leurs versions de cette chanson. Celle de Julie Felix, accompagnée au violon par Dave Swarbrick et à la guitare par Martin Carthy, date de 1966.

GEORDIE

Come, saddle me my milkwhite steed,
Come saddle me my pony,
So that I may ride to fair London town
To plead for the life of Geordie.

And as she came into the court
There were lords and ladies many.
Down on her knees she did fall
To plead for the life of Geordie.

As George he looked around the court,
He saw his pretty Polly;
He said, My love, you’ve come too late,
For I’m condemn’d already!

O Geordie stole nor cow nor calf
No person murdered he
But he stole sixteen of the king’s white steeds,
And sold them in Bohenny.

Let Geordie hang in golden chains,
His crimes they were not many,
For he was born of royal blood
To a virtuous lady.

I wish I were in yonder grove,
Where times I have been many,
With my broad sword and pistol too
I’d fight for the life of Geordie.